Les portulans et la côte Narbonnaise | XIIIe-XVIe siècle

La représentation du littoral

Avant les portulans

L’Occident chrétien: les Mappa Mundi, mappemondes médiévales

Des cartes conceptuelles
Carte en T, appelée aussi carte en TO
symbole de la perfection divine (Terrarum orbis) et de la Trinité

Elle est orientée l'est en haut (Orient): paradis , centrée sur Jérusalem, entourée par l'Océan. Les trois continents connus (l'Asie, l'Europe et l'Afrique) formant l’oecoumène (ensemble des terres exploitées par l'homme), sont placés de part et d'autre de barres verticale et horizontale, formant un T (la Méditerranée par sa branche verticale et le Nil par sa branche horizontale).

Au Moyen-Âge (XIIe-XIIIe s.), dans la chrétienté, le monde connu est représenté selon les croyances religieuses (inspiration des textes bibliques), par les cartes en T.
Cette représentation est progressivement abandonnée à partir du XIIe siècle.

Carte de Hereford | 1300

La côte Narbonnaise sur la carte de Hereford, 1300
La côte Narbonnaise sur la carte de Hereford, 1300


L’Orient islamique

A l'inverse, les cartes arabes n’ont pas seulement un caractère religieux. Enrichies de commentaires, les atlas traduisent le besoin de description des éléments (terres, routes, villes, montagnes, fleuves...) et apportent aussi des informations historiques, commerciales et économiques dans le but de guider et d'informer le navigateur.

The Book of Curiosities: la Méditerranée Kitāb Gharāʼib al-funūn wa-mulaḥ al-ʻuyūn | copie de 1190

Kitāb Gharāʼib al-funūn wa-mulaḥ al-ʻuyūn (كتاب غرائب الفنون وملح العيون): The Book of Curiosities, fols. 30b et 31a, 1190-1210 © Bodleian Library MS. Arab. c. 90
Kitāb Gharāʼib al-funūn wa-mulaḥ al-ʻuyūn (كتاب غرائب الفنون وملح العيون): The Book of Curiosities, fols. 30b et 31a, 1190-1210 © Bodleian Library MS. Arab. c. 90

Dans cette représentation de la Méditerranée, la France occupe une place restreinte dans le coin gauche supérieur entre l'Italie et l'Espagne. Le haut de la carte est occupée par la Turquie. Les deux grands rectangles au centre de la partie droite correspondent à la Sicile et à Chypre.

Muḥammad ibn Muḥammad al-Idrīsī Livre du divertissement de celui qui désire découvrir le monde (Kitāb nuzhat al-mushtāq fī ikhtirāq al-āfāq) (livre de Roger II, roi de Sicile) | 1250

Muḥammad ibn Muḥammad al-Idrīsī, Îles de la Méditerranée (4e climat 2e section), 1250, copié autour de 1300 © BNF
Muḥammad ibn Muḥammad al-Idrīsī, Atlas d'Idrīsī, Îles de la Méditerranée (4e climat 2e section), 1250, copié autour de 1300 © BNF

L'atlas d'Idrisi est le premier guide des contrées et régions du monde connues à cette époque dont la représentation est proche de la réalité. Il constitue une véritable rupture par rapport à toutes les représentations antérieures.

Les portulans et la Méditerranée

  • Portulan, ou carte-portulan aussi appelé cartes à rhumbs,
    de l'italien portolano,
    livre d’instructions nautiques

Les portulans sont des cartes contenant tous les renseignements utiles à la navigation, tels que la localisation des ports et havres, des écueils et des hauts-fonds.
La notion de port est à prendre dans sa plus large définition. Elle concernent tout endroit ou la protection du navire est assurée soit de façon naturelle (protections naturelles mettant le navire à l'abri des coups de vents et de mer), soit de façon humaine.
Sont ainsi mentionnés,
Pour se repérer: les embouchures des fleuves, les golfes et les caps, ... (amers),
Pour déterminer le cap à suivre: le tracé des lignes de vents.

Leur conception requiert l’usage de la boussole utilisée en Chine dès le début du XIIe siècle pour la navigation maritime. Elle arrive en Europe à la fin du XIIe siècle.

De l'existence de cartes marines avant le XIIIe: le périple de Roger de Hoveden

La description des côtes dans le "De Viis Maris" de Roger de Hoveden
  • De viis maris et de cognitione terrarum et montium et de periculis diversis in eisdem.
  • 2 Terra comitis Poncii sub rege Arrogonie
    ...
    Deinde quasi per XL miliaria est in litore maris quoddam castellum Cockeliure, et ibis est bonus portus qui dicitur Portus Veneris. Deinde est terra que dicitur Riussillum in qua est ciuitas bona que dicitur caput Leucate faciens sinum magnum. In cuius sinu secus mare est bona ciuitas episcopalis que dicitur Nerbona. Deinde Beders ciuitas. Deinde est quedam forlande que dicitur caput de Briscon

Lors de la troisième croisade, Roger de Hoveden, narre en particulier, le périple le long des côtes d'Espagne, du Roussillon et du Languedoc.
Ce récit met en évidence l'origine nautique de cette description détaillée des ports, mouillages et amers. Celle-ci n'a été rendu possible que par les connaissances des marins lors des cabotages le long des côtes.
Les expressions utilisées pour décrire les lieux découlent de notions techniques liée aux conditions et repères de navigation (bonus, protensam in mare).

De Viis Maris, 1191, Roger de Hoveden, © BNF De Viis Maris, 1191, Roger de Hoveden, © BNF


La description des côtes dans les textes de Roger de Hoveden
  • Chronica magistri Rogeri de Houedene by Roger, of Hoveden, d. ca. 1201; Stubbs, William, 1825-1901 Volume 3
    &
    Annalium Parte Posteriore, ad Ann. 1191
    Mémoire pour l'histoire naturelle de la province de Languedoc Jean Astruc 1737
  • Deinde transierunt per castellum bonum, situm in littore maris, quod dicitur Cockeliure et ibi est portus bonus, qui dicitur portus Veneris. Deinde transierunt per quandam arenam protensam in mare, quae dicitur Caput Leucate, faciens signum magnum, in quo prope littus maris est bona civitas episcopalis, quae dicitur Nerbona et in monasterium, quod dicitur Sancta Maria de Mari. Deinde transierunt per quandam terram protensam in mare, que dicitur Briscou.
La ville de Narbonne est désignée ainsi qu'un monastère sous le nom de Sancta Maria de Mari dans Chronica magistri Rogeri de Houedene. Le vocable "Sainte-Marie" pourrait se rapporter à la chapelle Notre-Dame des Auzils, mais le toponyme n'apparait pas dans les cartes postérieures alors qu'émerge celui de Saint-Pierre. Quant à "Mari", il est à rapprocher de "Sancti Petri de Mari", commanderie de l'Ordre de Malte au XIIe siècle située sur le littoral.
De ces éléments, il en ressort que le toponyme cité par Roger de Hoveden, fait certainement référence à Saint-Pierre de la mer.

Chronica, 1192, Roger de Hoveden (ed. William Stubbs) (4 vols., Rolls series, 1868–71) Chronica, 1192, Roger de Hoveden (ed. William Stubbs) (4 vols., Rolls series, 1868–71)

Le langage des portulans

Les symboles utilisés

  • Points & croix
  • Portulan italien, 1470-1482 Portulan italien, 1470-1482

    Sur certaines cartes, en particulier celles des écoles arabes, la symbologie des couleurs des points est inversé.

    • Semis de points rouges: Hauts-fonds, banc de sable
    • Ligne de points noirs: cordon littoral et côte sableuse
    • Point noir: rocher (écueil)
    • Croix noire: abri, mouillage
  • Toponymes
  • Extrait du portulan de G. Carignano Extrait du portulan de G. Carignano

    Les noms sont inscrits perpendiculairement à la côte et à l'intérieur des terres. La seule exception connue est celle de la carte de Giovanni de Carignano (vers 1327) détruite en 1943 lors des bombardements de Naples et dont les noms sont inscrits à l'extérieur des terres, sur la mer.

    • Noms sont inscrit en rouge: les ports ou havres principaux (importants)
    • Noms sont inscrit en noir: les ports ou havres secondaires
  • Routes
  • Lignes de rhumbs: extrait du portulan de Diogo Homem, 1574 Lignes de rhumbs: extrait du portulan de Diogo Homem, 1574

    Les droites appelées lignes de rhumbs correspondent aux directions de la rose des vents. Elles indiquent les angles de route pour se diriger au moyen de la boussole. Ce réseau de lignes géométriques est appelé marteloire.
    A partir du XVe siècle, le Nord des roses des vents est parfois représenté par une fleur de Lys, remplaçant le T de Tramontane. L'Est est quant à lui, représenté par une croix de Malte (symbole des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem) indiquant la direction de Jérusalem.

    • Droites noires (brunes): huit vents principaux qui sont dans l'école italienne: Tramontana (T/nord), Greco (G/nord-est), Levante (L/est), Scirocco (S/sud-est), Ostro ou Mezzodi (O/sud), Libeccio, Garbino, aussi appelé par la suite Africus ou Affricone (L/sud-ouest), Ponente (P/ouest) et Maestro (M/nord-ouest).
    • Droites vertes: demi vents
    • Droites rouges: quart de vents

Toponymie

  • Pyrénées-Orientales
  • Collioure: Qùtlùra, Copliura, Colluuro, Coliuro, Coliuri, Coliueri, Copliuro , Colibro
    Salses: Salsa, Salses
  • Aude
  • Cap Leucate et étang de Leucate: Sagno Lucate, Leocata, C. Leocata
    Narbonne: Narbùna, Narbona, Nerbona.
    Grau de Narbonne: Grauo de Nerbona
    Saint-Pierre: Samper, San Per, S. Per
  • Hérault
  • Sérignan: Serigna, Serignam
    Cap de Sète: Qàb de Sìt, C. de Secha, Setium Prom, Cap de Seta, Mon Ceta, Mon de Setta
    Maguelone: Magalona

Les portulans, cartes de navigation

Dans les textes anciens

Golfe de Narbonne
  • Antiquité
  • λίμνη Ναρβωνίτις (Strabon, IV, I), Ie siècle av. JC
    Lacus Rubresus (Méla, II, 81), Ie ap. JC
    Lacus Rubrensis (Pline, III, 32), Ie ap. JC
    Le golfe des Quatre-Îles (Festus Avienus), IVe ap. JC
  • Nom primitif de l'étang
    à l'origine de l'étang de Bages-Sigean
    (XIe → XVIIe)
  • Stagnum de ipso rivo Atacis, 1048
    Stagnum de Narbona quod dividit Corbariam, 1221
    Ad Stagnum Majus, 1296
    Stagnum de Narbona, 1352
    Stagnum majus Narbonae, 1477
    L'Estan Mage, 1639
    Estang de Bages, 1662

Les exemples ci-dessous de cartes nautiques du XIIIe au XVIe siècle permettent de se rendre compte de l’évolution du genre mettant par la même en évidence les influences réciproques et les emprunts.

Dans cette période, le golfe de Narbonne dans lequel se jette l'Atax (Aude), est toujours représenté vaste mais de faible profondeur indissociable des falaises du cap Leucate.
Absent sur les cartes Italiennes, le toponyme Saint-Pierre apparait au XIVe siècle comme amer sur les cartes Majorquines. La particularité de ce cap rocheux émergeant de la mer, à quelques encablures des falaises de la Clape et l'existence d'une chapelle puis d'une commanderie de l'Ordre de Malte avait donc été un élément de repère important.

Les embouchures mentionnées

Pour la navigation, les embouchures des fleuves constituent un élément important de localisation. Le Tech, l'Aude, l'Orb et l'Hérault sont ainsi représentés en tant que marqueur invariant du paysage.

Ce qui est absent

Gruissan et son château (1084) n'est jamais mentionné comme repère. Il en est de même des îles de l'étang de Narbonne (Saint-Martin, Sainte-Lucie, l'Aute...) et de la Clape.

XIIIe siècle
Ecole italienne: carte Pisane | 1290

Carte marine de l'océan Atlantique Est, de la mer Méditerranée et d'une partie de la mer Noire, connue sous le nom de Carte Pisane, 1290 © BNF
Carte marine de l'océan Atlantique Est, de la mer Méditerranée et d'une partie de la mer Noire, connue sous le nom de Carte Pisane, 1290 © BNF
Sur la carte Pisane, les bancs de sables sont symbolisés par un semis de croix noires.
Les embouchures des fleuves comme marqueurs du littoral

Le tracé est assez brut, mettant en évidence les embouchures des fleuves mais ne marquant pratiquement pas la présence des étangs.
Le cap Leucate n'est pas représenté.

XIVe siècle
Ecole Gènoise: Pietro Vesconte | 1313 & 1320

[Atlas nautique de la mer Méditerranée et de la mer Noire] / Petrus Vesconte de Janua fecit istas tabulas anno dni MCCCXII © BNF
Atlas nautique de la mer Méditerranée et de la mer Noire, Petrus Vesconte de Janua fecit istas tabulas anno dni MCCCXII, 1313 © BNF Atlas nautique de la mer Méditerranée et de la mer Noire, Petrus Vesconte de Janua, f7,  1320 © BNF
Atlas nautique de la mer Méditerranée et de la mer Noire, Petrus Vesconte de Janua, f7, 1320 © BNF
La représentation donnée par Pietro Vesconte sur sa carte de 1313 (étangs schématisés en forme d’estomac avec points rouge et cordon littoral bien marqué), sera repris sur toutes les cartes postérieures, avec des variantes dans le dessin et les couleurs, mais comme un modèle absolu.

Le littoral est plus marqué avec anses et caps schématisés. Les étangs sont représentés sous une forme ronde ou ovales occupés par de larges bancs de sable mettant en évidence la faible profondeur.
L'accès à Narbonne à travers l'étang (Stagnum de Narbona) est ainsi schématisé.
La presqu'île de Leucate (Leocata) y est mentionnée mais Saint-Pierre est absent.

Ecole Majorquine: Abraham Cresques, Atlas Catalan | 1375

Narbonne et l'embouchure de l'Aude, Atlas Catalan Abraham Cresques 1375 © BNF
Narbonne et l'embouchure de l'Aude, Atlas Catalan Abraham Cresques 1375 © BNF

Saint-Pierre dans les textes anciens

  • Chapelle
  • Ecclesiam Sancti Petri, 1085
    Sancti Petri de Valeriis, 1114
    Beati Petri de Valeriis ecclesia, 1119
  • Commanderie de l'ordre de Malte
  • Domus Sancti Petri de Mare, 1167
    Domus Sancti Petri de Mari, 1329
    Sainct Pierre de la Mer, 1345
    Sant Peire de Mer, 1389-1589
    Commanderie de Sainct Pierre la Mer, 1606
    Saint-Pierre, 1626
  • Ruines
  • Saint-Pierre (ruines), 1789

Sur cette carte attribuée à Abraham Cresques, la ville de Narbonne est indiquée en amont d'un lac ou golfe reprenant la représentation du portulan de Pietro Vesconte.


Les amers

La presqu'île de Leucate (Leocata) y est mentionnée
Le toponyme Saint-Pierre apparait (Sanper → Cap Saint-Pierre) en tant qu'amer reconnaissable le long de la côte.
Ce toponyme prend son origine dans une chapelle du XIe siècle qui deviendra une commanderie de l'ordre de Malte à partir du XIIe siècle.


XVe siècle
Ecole Italienne (Ancône): Grazioso Benincasa | 1467

Narbonne et l'embouchure de l'Aude, Benincasa, Grazioso 1467 © BNF
Atlas nautique de l'océan Atlantique Nord-Est, de la mer Méditerranée et de la mer Noire. Benincasa, Grazioso 1467 © BNF

Cette carte de 1467, établie par Grazioso Benincasa (né à Ancône entre 1400 et 1415 - mort après 1482, navigateur et cartographe italien) indique Narbonne et son golfe sous la dénomination Nerbona, G de Nerbona.
La croix noire à proximité du cap de Leucate indique un abri possible. Le tracé de la côte se fait plus précis avec ses écueils, rochers, havres et ports.

Ecole Italienne (Venise): Atlas Cornaro (Nicolò Fiorino) | 1492

Chart of the Mediterranean west of Cerigo, nearly to the Straits of Gibraltar,  Cornaro Atlas- Nicolò Fiorino (Egerton MS 73, f.13r) © British Library
Chart of the Mediterranean west of Cerigo, nearly to the Straits of Gibraltar, Cornaro Atlas - Nicolò Fiorino (Egerton MS 73, f.13r) © British Library

XVIe siècle
Ecole Ottomane: Pirî Reis | 1523 & 1526

Pîrî Reis. Kitab-i bahriyye (Livre de Navigation), 1523 © BNF
Pîrî Reis. Kitab-i bahriyye (Livre de Navigation), 1523 © BNF

Ce livre de navigation, fut dédié par Piri Reïs, en l'année 930 de l'hégire (1523), au sultan Soleïman I, fils de Sultan Selim Ier.

Pîrî Reis. Kitab-i bahriyye (Livre de Navigation), 1526 © BNF
Pîrî Reis. Kitab-i bahriyye (Livre de Navigation), 1526 © BNF

Cette représentation de la côte du Languedoc, caractéristique chez Pîrî Reis, met en avant les principaux points de repères sans systématiquement les nommer.

Ecole Génoise : Batista Agnese | 1536-1554

Atlas portulan attribué à Battista Agnese. Petit portulan, avec légendes latines et italiennes, 1536-1554  © BNF
Atlas portulan attribué à Battista Agnese. Petit portulan, avec légendes latines et italiennes, 1536-1554 © BNF
Carte marine dans la lignée de celle de Pietro Vesconte. L'école Italienne se différencie de l'école Majorquine par l'absence de représentation de l'intérieur des terres.
Ecole Tunisienne: ʿAlî ibn Aḥmad ibn Moḥammad al-Scharqî | 1551

Portulan de la mer Méditerranée, par ʿAlî ibn Aḥmad ibn Moḥammad al-Scharqî, de Sfax (الصفاقسى), en Tunisie., 1551 © BNF
Portulan de la mer Méditerranée, par ʿAlî ibn Aḥmad ibn Moḥammad al-Scharqî, de Sfax (الصفاقسى), en Tunisie., 1551 © BNF
Ecole Ottomane: Pirî Reis | 1554

Kitāb-i baḥriye: Carte de la côte de Narbonne (Arbūnah), Pirî Reis, 1554 © The Digital Walters
Kitāb-i baḥriye: Carte de la côte de Narbonne (Arbūnah), Pirî Reis, 1554 © The Digital Walters

Les bancs de sable sont ici représentés par des points noirs.

"Cette ville est traversée en
son milieu,
par un grand fleuve;
le plus grand du pays des 'Afranj.
Un grand pont l'enjambe;
on y trouve des marchés ,
et des maisons."

On retrouve sur les cartes de Pirî Reis, la représentation de Narbonne avec ses remparts et son pont des Marchands cité au XIIe siècle, par Mohammad ibn abi Bakr al-Zhori (Zhuri) d'après la Géographie d'Al-Maʾmoûn (IXe s.).

Une question reste en suspens: l'église dessinée fait-elle référence à Saint-Pierre de la Mer ou bien à la cathédrale de Narbonne?
Ecole Portugaise: Diogo Homem | 1559

Diogo Homem, 1559  © BNF
Diogo Homem, 1559 © BNF
Ecole Majorquine: Matheus Prunes | 1586

Matheus Prunes, 1586  © BNF
Matheus Prunes, 1586 © BNF

Évolution des éléments de la côte Narbonnaise dont il est fait mention

Au XXe siècle

Falaise, cap Leucate (C Leocata) et anse de la Franqui vers 1950

La falaise de Leucate dans les années 50-60
L'anse de la Franqui et la falaise de Leucate | 1955-60
La falaise de Leucate dans les années 50
La falaise de Leucate depuis la plage de La Franqui| 1950


La côte Narbonnaise à Narbonne-Plage dans les années 1960-1970

Saint-Pierre (<i>Sanper</i>) dans les années 1960
Narbonne plage | 1970


Saint-Pierre (Sanper) dans les années 1960-1970

Saint-Pierre (<i>Sanper</i>) dans les années 1960
les Exals et le cap Saint-Pierre | 1955-60
Saint-Pierre (<i>Sanper</i>) dans les années 1960
La côte après Saint-Pierre | 1960
Saint-Pierre (<i>Sanper</i>) dans les années 1960
Le rocher de Saint-Pierre | 1960
Saint-Pierre (<i>Sanper</i>) dans les années 1970
La côte depuis le Port de Saint-Pierre | 1970


L'embouchure de l'Aude dans les années 1950

L'embouchure de l'Aude dans les années 1950
L'embouchure de l'Aude | 1950


Au XXIe siècle, depuis le massif de la Clape

La côte Narbonnaise et au-delà depuis Vente-Farine
La côte Narbonnaise et au-delà depuis Pech Redon
Falaise et cap Leucate (C Leocata) depuis la chapelle des Auzils

Pour en savoir plus

1. Tony Campbell: History of Cartography, Portolan charts.
2. Tony Campbell: Liste chronologique des portulans.


Avant les Portulans

1. Bibliotheca Augustana: Table de Peutinger, manuscripti segmentorum I, carte itinéraire du monde antique (IIIe au Ve s.), copie de 1250
2. Muḥammad ibn Muḥammad al-Idrīsī: Nuzhat al-mushtaq fî ikhtirâq al-âfâq (Amusement pour qui désire parcourir les différentes parties du monde), encore appelé Livre de Roger. Sicile, 1154
3. Kitāb Gharāʼib al-funūn wa-mulaḥ al-ʻuyūn (كتاب غرائب الفنون وملح العيون): The Book of Curiosities, 1190-1210 © Bodleian Library MS. Arab. c. 90
4. BNF: Dossier pédagogique: la géographie d'Idrisi
5. La Mappa mundi de Hereford, fin du XIIIe siècle
6.BNF: Recueil composite constitué de deux manuscrits: De Viis Maris, publié en 1451-1500


Les Portulans

École Italienne | XIIIe -XVIe s.
1. Carte Pisane: Carte marine de l'océan Atlantique Est, de la mer Méditerranée et d'une partie de la mer Noire, connue sous le nom de Carte Pisane, 1290, BNF
2. Petrus Vesconte: Atlas nautique de la mer Méditerranée et de la mer Noire] / Petrus Vesconte de Janua fecit istas tabulas anno dni MCCCXIII, 1313, BNF
3. Grazioso, Benincasa: Atlas nautique de l'océan Atlantique Nord-Est, de la mer Méditerranée et de la mer Noire] / Gratiosus Benincasa Anchonitanus composuit Rome ano domini MCCCCLXVII, 1467, BNF
4. Atlas Cornaro, 1492, British Library
5. Batista Agnese: Atlas portulan attribué à Battista Agnese. Petit portulan, avec légendes latines et italiennes, 1536-1554, BNF


École Majorquine (Catalane) | XIVe-XVe s.
1. Angelino Dulcert Carte marine de la mer Baltique, de la mer du Nord, de l'océan Atlantique Est, de la mer Méditerranée, de la mer Noire et de la mer Rouge] / Hoc opus fecit angelino dulcert / ano M CCC XXX VIIII de mense augusti/ [in civitate] maioricharum, 1339 BNF
2. Petrus Rosselli, Carte marine de la mer Méditerranée et de la mer Noire, 14.. BNF
3. Petrus Rosselli, Carte marine de l'océan Atlantique Nord-Est de la mer Méditerranée et de la mer Noire, Majorque / Petrus Roselli composuit hanc cartam/in civitate Maioricarum anno domini/ MCCCCLXII, 1462 BNF
4. Abraham Cresques, Atlas de cartes marines, dit Atlas catalan, 1370-1380 BNF


École Portugaise | XVIe s.
1. Lopo Homem, Atlas nautique du Monde, dit atlas Miller. 6, [Atlas Miller : cartes de l'Océan Atlantique et de la Méditerranée] 1519 BNF
2. Diogo Homem, Atlas nautique de la Mer Méditerranée, de la Mer Noire et de l'Océan Atlantique nord-est, Diegus Home cosmographus me fecit ano salutis 1559 BNF


École Arabe | XVIe s.
Narbonne / Arbūnah / أربونة

1. Piri Reis, Kitab-i bahriyye (Livre de Navigation),f119r, 1523 ‪BNF‬
2. Piri Reis, Kitab-i bahriyye (Livre de Navigation), f298r, 1526 ‪BNF‬
3. ʿAlî ibn Aḥmad ibn Moḥammad al-Scharqî, Portulan de la mer Méditerranée, 1551 BNF
4. Piri Reis, Livre de navigation, f255a, 1554 ‪Walters Museum‬


1. François de Valois Description des côtes, des îles et des ports de l'Océan atlantique et de la Mer Méditerranée, 1504-1515, 7v BNF