Le territoire de la bastide de Ranmar | Massif de la Clape

Histoire du domaine et du paysage de Capitoul au bas Moyen Âge

A l'origine était le Lacus Rubresussur les rives duquel se trouvait le territoire de Ranmar
λίμνη Ναρβωνίτις (Étienne de Byzance, s. v. Ναρβών, peut-être d’après Hécatée),

Lacus Rubresus (Pomponius Mela, Description de la Terre, Gallia Narbonensis, II, 81), Ie siècle

Lacus Rubrensis (Pline, L’Histoire naturelle, III, 32), Ier siècle

l’étang des Quatre-Îles (Festus Avienus, Ora Maritima, 583 et suiv.), IVe siècle,

Helice Palus (Festus Avienus, Ora Maritima, 585 et suiv.), IVe siècle

Stagnum de ipso rivo Atacis, 1048

Stagnum quod dividit Corbariam, 1221

C'est sur une petite éminence des premiers contreforts du massif, que se situe le domaine de Capitoul. C'est l'un des plus anciens du massif de la Clape avec celui des Monges, dont l'existence remonte au XIIIe siécle.


L'histoire connue du territoire de Capitoul débute au Moyen Âge. Elle est indissociable de l'histoire du fleuve Aude et des étangs, restes du Lacus Rubresus, vaste lac qui à l'Antiquité, entourait le massif de la Clape. La vie de la bastide a été rythmée, marquée et bouleversée par ces éléments naturels et a su, malgré tout, perdurer.

Capitoul, 1586
du nom du Chapitre Saint Just qui l'avait acquise en 1412

du latin médiéval capitulum,
de l'occitan capítol

Le nom de Capitoul n'apparaitra que dans la seconde moitié du XVIe siècle. Le domaine actuel est reconnaissable de loin par le donjon de son bâtiment principal qui date du XIXe siècle.


A l'origine du nom

Le nom Ranmar vient du latin signifiant "du bord de la mer". La modification et l'altération au milieu du XIVe siècle en Rieumar peut prendre sa source dans le nom de l'ancien propriétaire Guiraud de Rieu.

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  1. 1199 | Al Val de Ratmar
    Référence à un lieu appelé Ratmar et à une combe située à proximité

    La première mention écrite trouvée dans les actes et documents de l'archevêché de Narbonne, inventaire recopié par Antoine Rocque. (1639)

  2. 1253 | Bastide de Ranmar
    Guillaume de Rieu

    Acquise par Guiraud de Rieu, chevalier et consul de la Cité (Guiraudus de Rivo, militem)

  3. 1316 | Bastida vocata de Ranmar
    Durand Bandon

    Durand Bandon (Durandus Bandonis) fils de Joncte Bandon, marchand, achète à réméré à Guiraut de Rieu, chevalier, la bastide de Ranmar situé sur le territoire de l'île del Lec.

    Le 15 des kalendes de janvier 1316, Guiraud du Rieu, coseigneur de Sallèles, Tymburge sa femme, et Bérengère, leur fille émancipée, donnent à Bandon Joncte et à Durand Bandon son fils l'étang Comtesse et l'étang Cescheyra avec leurs agulles et joncasses pour quatre mojades de terre à la Guarrigue plane (terroir de la Garrigue).

    Noverint universi quod ego Durandus Bandonis, mercator, filius domini Bandonis Juncte, mercatoris, civis Narbone, pro me et nomine dicti domini patris mei, confitens et recognoscens cum hoc publico instrumento vos dominum Guiraudum de Timburgim, uxorem vestram, et Berengariam, filiam vestram dictorum conjugum, dicto domino patri meo et michi, meo et ejus nomine, hodie vendidisse et nomine venditionis tradidisse et concessisse totam illam bastidam vestram vocatam de Ranmar, sitam in termine de Licho,...
    Le livre de comptes de Jacme Olivier, marchand narbonnais du XIVe siècle / publié avec une introduction, un glossaire, des notes et des tables, par Alphonse Blanc. 1899. Pièces justificatives chapitre LXXXII

    Inventaire Ducarouge, f°219, publié en 1680
    Inventaire Ducarouge, Caysson n°24, f°219, publié en 1680
  4. 1348 | Bastide d'en Bando
    Jacques Bandon
    Jacques Bandon (Jacme Bandonis) en hérite à la mort de Durand Bandon (des suites de la peste).

  5. 1352 | Bastide de Ranmar (bastide de l'Official)
    Bernard de Rupefixa

    Bernard de Rupefixa (Bernardi de Ruppefixa, legum doctoris, officialis Narbone), devient propriétaire de la bastide qui portera également par la suite le nom de bastide de l'Official.

    Jacques Bandon vend à Bernard de Rupefixa toute sa bastide de Ranmar avec ses bâtiments, jardins, prés, vignes, montagnes, pâturages, chasses, pêches, étangs, tasques, et généralement tout ce qui en dépend, confronte le tout de midi avec l'étang de Conilhac, d'auta avec la montagne del Lec et avec le chemin de Gruissan, d'aquilon avec l'étang Comtesse, de cers avec l'étang Cescheyra, plus deux condamines au terroir de Cité à la Leinhe.


    a dicta bosola ad bosolam que est affixa in pede podii vocati Ranmar subtus bastidam domini Beinardi de Ruppefixa, legum doctoris, que olim fuit Jacobi Bandonis,...
    AA 111 11e Thalamus, f°41, 22 février 1352 in Inventaire des Archives Communales avant 1790 - Narbonne - série AA annexes
    Inventaire Ducarouge, f°219, publié en 1680 Inventaire Ducarouge, f°219, publié en 1680
    Inventaire Ducarouge, Caysson n°24, f°219, publié en 1680
  6. 1360 | Bastida de Raynac
    Pierre de la Jugie

    Pierre de la Jugie, archevêque de Narbonne (10 janvier 1347-27 août 1375) achète aux exécuteurs testamentaires de Bernard de Rupefixa, la bastide de Rieumar.

    Item habet in termino de Gruissano quamdam bastidam vocatam de Rayniac emptam et acquisitam per dominum nunc praesidentem, cum pertinentiis suis, stagnis, riperiis, condaminis, jurisdictione alta et bassa, vineis, pasturagiis et devesiis.
    Livre vert de l'archevêché de Narbonne / publié par Paul Laurent, 1886.

    Les exécuteurs testamentaires de Bernard de Rupefixa, sacriste mineur de Saint-Paul, vendent à Pierre de la Jugie, archevêque de Narbonne, toutes susdites bastide, terres, vignes, étangs, agulles et joncasses avec leurs appartenances et dépendances, et encore une vigne au terroir de Moujan à las Fontanillas, pour la somme de 800 livres tournois.

    Inventaire Ducarouge, f°220, publié en 1680 Inventaire Ducarouge, f°220, publié en 1680
    Inventaire Ducarouge, Caysson n°24, f°220, publié en 1680
  7. 1381 | Bastide de Rieumar
    Raymond et Arnaud du Lac

    Les exécuteurs testamentaires de Pierre de la Jugie, archevêque de Narbonne, vendent à Raymond et Arnaud du Lac la bastide de Rieumar et toutes ses dépendances.

    Inventaire Ducarouge, f°220, publié en 1680
    Inventaire Ducarouge, Caysson n°24, f°220, publié en 1680
  8. 1412 | Bastide de Rieumar
    Chapitre Saint Just

    Arnaud du Lac, fils et héritier universel de Pierre du Lac, donne au chapitre Saint Just toute la bastide de Rieumar, terroir del Lec

    Le 16 janvier 1412, noble Arnaud du Lac, fils et héritier universel de Pierre du Lac, donne au chapitre toute la bastide de Rieumar, terroir del Lec, avec toutes ses appartenances, ainsi qu'il l'acquit des exécuteurs testamentaires de l'archevêque.

    Inventaire Ducarouge, f°221, publié en 1680
    Inventaire Ducarouge, Caysson n°24, f°221, publié en 1680
  9. 1423 | Bastide de Rieumar
    Chapitre Saint Just

    Sentence arbitrale du 22 décembre 1423, rendue par Jean Teste, licencié ès-lois, bachelier en droit canon, official de Narbonne, et Pierre Vitalis, licencié ès-lois, entre le chapitre St-Just et Bernard Izam, Raymond Berre, Guillaume Boyer, Pierre Montlaur et Étienne de Belais, consuls de Narbonne, dans leur différend au sujet des droits de banderage, de lignerage et de dépaissance et abreuvage des troupeaux dans les terres de la bastide de Rieumar,...

    Cette sentence dispose que la bastide de Rieumar avec toutes ses terres, telles qu'elles sont bornées par la bodulation que noble Arnaud du Lac, Jean Fournier, Jean Nadal et Guillaume Bérenger en avaient faite le 3 novembre 1423, est la propriété franche et allodiale du chapitre, qui, seul, y a les droits de banderage, de lignerage et de dépaissance et abreuvage.

  10. 1460 | Bastide de Rieumar
    Gabriel Durand

    Le chapitre donne en emphytéote perpétuelle à Gabriel Durand de Gruissan toute la bastide

    Le 17 janvier 1460, le chapitre donne en emphytéote perpétuelle à Gabriel Durand de Gruissan toute la bastide de Rieumar avec ses condamines, étangs et appartenances quelconques, sous la cense annuelle et en toute directe de dix onces argent fin et 21 sols pour lesdites deux condamines et sous l'entrée d'un quintal de bon poisson

    Inventaire Ducarouge, f°221, publié en 1680
    Inventaire Ducarouge, Caysson n°24, f°221, publié en 1680

Les lieux constitutifs du territoire de la bastide de Ranmar au bas Moyen Âge.

Le territoire de la bastide de Ranmar se situe au bout des Basses-Plaines de l'Aude en direction de Gruissan à proximité de territoires (le fief de la Leigne, le lieu-dit le Bruguier, le tènement des Olieux et la dévèze de Navoute) dont les limites nous ont été décrites.


  • XIIIe - XIVe siècles
  • Les invariants
  • Le Pech Ranmar, podio vocato de Ranmar, qui a donné son nom au domaine
  • La source salée, Fons Salsus
  • Le chemin de Narbonne à Gruissan, carriere de Gruyssan
  • Les variants
  • L'étang Sesquière, Stagnum Cescheyra
  • L'étang Comtesse, Stagnum Contessa

Les confronts

En 1352, le territoire de la bastide de Rieumar est décrit de la manière suivante:

"Confronte le tout de midi avec l'étang de Conilhac, d'auta avec la montagne del Lec et avec le chemin de Gruissan, d'aquilon avec l'étang Comtesse, de cers avec l'étang Cescheyra, plus deux condamines au terroir de Cité à la Leinhe"

Les repères oubliés

La source salée (fontaine salée)
  • Palanquissa (de palanque)
  • Palissade faite de troncs plantés dans le sol de manière jointive.
    Il s'agit ici d'un petit canal qui portait ce nom. "aculea vocata Palanquissa"
    Au nord, se trouve la draye de la Clape qui a pris de nos jours le nom de chemin du milieu.
    Au XVIIe siècle, ce lieu sera connu sous le nom de "Pas de la Palanquisse" ce qui signifie gué, passage de la Palanquisse.

Marqueur important du domaine de Capitoul, cette source est mentionnée au XIVe siècle en tant que repère (usque ad fontem Salsum exclusive et versus Loniam, 1396). Elle continuera de l'être jusqu'au XIXe siècle avant d'être peu à peu oubliée.

"Item dicti domini tractatores voluerunt quod fons Salsus, prout confrontatur cum dicto terminali de Bruguerio et
de altano cum tenentia bastide Raymundi de Lacu,
de circio cum Palanquissa,
de meridie cum stagno vocato Campinhol,
de aquilone cum Joncari, sit et remaneat de territorio Narbone...
Archives communales de l'Aude série AA f°53, 1396
Le pech Ranmar

L'appelation "Pech Ranmar" se retrouve dans les textes jusqu'au milieu du XIVe siècle comme élément de repère. Cette trace se perd par la suite et le pech n'est plus utilisé dans les descriptions du territoire.

"... et a dicta bosola ad bosolam que est affixa in pede podii vocati Ranmar subtus bastidam domini Beinardi de Ruppefixa, legum doctoris, que olim fuit Jacobi Bandonis, et deinde sequendo bosolas usque ad iter seu viam publicam per quam itur apud Gruyssanum ...
Archives communales de l'Aude série AA 111 11e thal. f°41, 1352

Les possessions

  • Item habet in termino de Gruissano quamdam bastidam vocatam de Rayniac emptam et acquisitam per dominum nunc praesidentem, cum pertinentiis suis, stagnis, riperiis, condaminis, jurisdictione alta et bassa, vineis, pasturagiis et devesiis.
    1360 - 1375: Livre vert de l'archevêché de Narbonne / publié par Paul Laurent, 1886.

Au XIVe siècle, dans les différents actes, l'énumėration des biens de la bastide est ainsi rédigée: des bâtiments, étangs, rivières, pâturages, agulles, joncasses, jardins et vignes, ainsi que condamines et devèzes. Il est aussi fait mention de réserves de chasses et de pêches. On trouve aussi en bordure d'étang des herms ou terres incultes.

Cette longue liste des richesses peut paraitre impressionante, elle ne peut cependant cacher le caractère ingrat de ces terres imprégnées d'eau, soumis aux inondations de l'Aude et au vent tel que décrit par Durand Bandon dans un acte de 1324.
Nunc vero. attento quod terre dicte bastide sunt aquose, et etiam frequenter et pluries, propter inundationem fluminis Athacis et ventorum, fructus extantes et semina in dictis prediis pereunt et submerguntur, attendentes etiam quod altere terrule dicte bastide sunt sterile. et quasi pro laborancia propter quod pereunt fructus et perduntur multociens in eisdem, ...

Vues depuis la bastide de Ranmar

Un aperçu du paysage environnant


DE MIDI

S

Le roc de Conilhac et l'étang de Conilhac

  • De conil lapin, signifie ici domaine des lapins
  • podium Auderium, 1218
    Ad podium Auterium, 1273
    podium de Conilhaco, 1293-1396
Le roc de Conilhac

Immanquable dans le paysage, il y a eu au bronze final (-1000 à -700 av. JC) une occupation assurée du site, sans que cela perdure.

Anciennement connu au XIIIe siècle, sous le nom de pech Audier, il est fait mention en 1218 de l'exploitation du sel dans ce territoire (saline marine du pech Audier confrontée par celles de Pierre de Malvies et d'Arnaud Calvière et par une aculea).

"Subtus podium Auderium ubi vocant ad operam rotundam
Archives communales de l'Aude série AA 105 5e thal. f°22, 1218

"usque ad locum vocatum Gulam Atacis seu Robinam, et medietatem podii vocati de Conilhaco,
Manuscrit MS 314, Inventaire des actes et documents de l'archevêché de Narbonne, Rocque I 96, 1293


Le roc de Conilhac côté sud
Le roc de Conilhac côté sud

Le ténement du Pech de Conilhac était une dépendance du fief de la Leigne.


L'étang de Conilhac

Nom primitif de l'étang
à l'origine de l'étang de Bages-Sigean

Ad Stagnum Majus, 1296
Stagnum de Narbona, 1352
Stagnum majus Narbonae, 1477
L'Estan Mage, 1639
Estang de Bages, 1662

C'est dans le vaste étang dit de Narbonne (appelé auparavant étang Mage) dont fait partie l'étang de Conilhac, au nord de l'étang de Campignol, que se jetait l'Aude au bout du territoire de la Leigne.


Depuis le roc de Conilhac, l'étang de Campignol et les terres de l'ancien étang de Conilhac
Depuis le roc de Conilhac, l'étang de Campignol et les terres de l'ancien étang de Conilhac

Le territoire del Bruguier

Ce territoire a souvent fait au Moyen Âge, l'objet de transactions entre les habitants de Gruissan et ceux de Narbonne sur la fixation des limites et son attribution.

  • Le rec qui descend du lieu-dit Castel Pezoul, marque la limite entre le territoire de Bruguier et celui de la bastide de Rieumar et elle prendra plus tard, en 1634, le nom de "combe d'en Fabre". Les propriétaires de ces domaines en sont respectivement Sieur Berthelier et les héritiers de Sieur de Rouquette.

    La combe d'en Fabre délimite les communes de Narbonne et de Gruissan
"Item dicti domini tractatores voluerunt quod terminale del Bruguerio,de quo supra facta est mencio, et prout confrontatur de altano cum bodula que est loco dicto castelh Pezolh deinde, descendendo versus Loniam, cum requo qui est inter dictum Bruguerium et tenentiam bastide que fuit condam Durandi Bandonis, usque ad fontem Salsum exclusive et versus Loniam.
Archives communales de l'Aude série AA 111 11e thal. f°53, 1396

Le territoire del Bruguier (Domaine de Bertheliers) et les étangs de Campignol et de Bages-Sigean
Le territoire del Bruguier (Domaine de Bertheliers) et les étangs de Campignol et de Bages-Sigean.

DE CERS

O

Le fief de la Leigne

  • De luènha éloigné, signifie les terres lointaines
    ou
    De lignum bois, par extension vaisseau
  • Loina, 1222
    Ad Luenham, 1324
    Luenha, 1352
    Lonha, 1360
    Loniam, 1396

Par dela les étangs s'étendait le territoire connu, au Moyen Âge, sous le nom de l'île de la Leigne (pour rappeler son passé insulaire), fief de l'Archevêque de Narbonne.

Les confronts du fief
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"In primis fuit per dictas partes concorda tum quod dictum terminale de la Luenha, de quo superius facta est mencio, quoad usum animalia depascendi et ea inmittendi aquam appellandi, ligna sindendi et alias explectandi prout confrontatur, videlicet a bastida Pétri de Lacu condam seu heredum ejus, vocata de Navauta, inclusive usque ad Gulam Atacis et usque ad Stagnuni Majus et
cum terminali domini vicecomitis, vocato Crebaolas, ex parte aquilonis et
de altano cum stagnis ipsius domini vicecomitis vocatis stanh Comtessa et Sesqueyra, et
de meridie cum stagno de Narbona, et
de circio cum flumine Atacis ...
Archives communales de l'Aude série AA f°53, 1396

  • Homaige du fief de la Leigne
    Rituel de reconnaissance du seigneur par le vassal
  • XIIIe s.
  • Guillaume de Rieu, 1251
    Pierre du Lac, 1256 et 1273
    Raymond du Lac, 1293
  • XIVe s.
  • Pierre du Lac, 1317
    Durand Bandon, 1317
    Pierre du Lac, 1343
    Pierre du Lac, 1398

Les propriétaires successifs ont régulièrement rendu hommage pour ce fief qu'ils tenaient de l'Archevêque de Narbonne:


  • Reconnaissance pour la moitié de l'ile de la Leigne (du Lac),
    "et medietatem dicte insule usque ad locum vocatum Gulam Atacis seu Robinam, et medietatem podii vocati de Conilhaco",
    1293, Reconnaissance de la moitié de l'île de la Leigne, Manuscrit MS314 Rocque
    1293, Reconnaissance de la moitié de l'île de la Leigne,
    Manuscrit MS314 Rocque
  • Reconnaissance des Condamines au terroir de la Cité à la Leigne (Guillaume de Rieu, Bandon Joncte et Durand Bandon son fils).
    1317, Hommage des terroirs de la Leigne et du pech de Conilhac, Manuscrit MS314 Rocque
    1317, Hommage des terroirs de la Leigne et du pech de Conilhac,
    Manuscrit MS314 Rocque

A cela s'ajoute les inféodations partielles consenties par l'Archevêque de Narbonne pour y établir des salins (rive gauche: 1218 et 1306-1307).


Le fleuve Aude et la Goule d'Aude

Au dela de l'étang Sesquière, le fleuve Aude (flumine Atacis dans les écrits du XIVe siècle) marque la limite ouest (cers) du territoire de la Leigne entre Moujan et l'étang dit de Narbonne dans lequel il débouche.


La goule d'Aude
  • Goule d'Aude
    ancien nom de l'embouchure de la rivière Aude.
  • Gola d'Aude, 1221
    Ad Gulam Atacis, 1329
    Gule d'Aude, 1293-1639

Goule d'Aude est le nom générique désignant l'embouchure de l'Aude qui s'est maintes fois déplacée au cours de notre ère. Au XIVe siècle, suite à la crue du 13 octobre 1316, l'embouchure de l'Aude se déporte vers le Nord de l'île de Saint-Martin sans que l'on connaisse exactement l'emplacement. Cet endroit était donc appelé Goule d'Aude et permettait un accés vers Gruissan et le grau du Grazel.



D'AQUILON

N

La devèze de la Navoute, l'étang Bozard et les condamines des Olieux

La devèze de Navoute dépendait du territoire de la bastide de la Voulte et était confronté au nord par les condamines des Olieux qui faisaient parti du tènement du même nom ou se trouve le monastère des Bernardines fondé en 1204. Il est mentionné dans les écrits du XIVe siècle sous le nom Monasterium de Olivis, 1316 et 1352.


Les confronts de la devèze
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"de aquilo cum condamina dicta de las Morguas, que est juxta dictam bastidam,
de circio cum flumine Atacis,
de altano cum stagno Bosar domini Guiraudi de Rivo,
de meridie cum condamina que fuit introitu terminalis de la Lonia, et sic de bodula in bodulam usque ad stagnum Bosar.
Archives communales de l'Aude série AA f°53, 1396

Le système des étangs des Basses-Plaines de Narbonne | de Moujan à Gruissan au bas Moyen Âge

La tentative de représentation du paysage autour de la bastide de Rieumar en cette fin de Moyen Âge est primordiale à la compréhension de son importance.

Si l'étendue des étangs est difficile à estimer dans le secteur de Capitoul, leur positionnement les uns par rapport aux autres ainsi que leur localisation approximative est possible par la description des confronts et la détermination des côtés adjacents des territoires/tènements des Basses-Plaines de Narbonne au bas Moyen Âge.




Le système d'étangs dans les Basses-Plaines de Narbonne au Bas Moyen Âge: hypothèse de positionnement sur fond de carte actuelle
Le système d'étangs dans les Basses-Plaines de Narbonne au Bas Moyen Âge: hypothèse de positionnement sur fond de carte actuelle
  • Entre Vinassan et Moujan | du pont de Moujan à celui de Ricardelle
    Le Vesc, ancien fief de l'Archevêque de Narbonne
  • étang Salin
    Salinae... in stagno juxta Narbonam, 844
  • Entre Ricardelle et les Olieux |du pont de Ricardelle au pont des Olieux
    Tènement des Olieux et
    Dévèze dépendante de la Bastide de Navoute
  • étang Bouzard
    (XIIIe ⇒ XVIIe)

    Stannum Joncous sive Bosos dicte insule del Lec, 1282.
    Stagnum Bosar, 1396,
    Estang Bouzar, 1642
  • Entre les Olieux et Capitoul
    Condamines de las Morguas (des Olieux) et
    Les Leignes, ancien fief de l'Archevêque de Narbonne
  • les étangs Comtesse et Sesquière
    (XIIIe ⇒ XVIIe)

    qui à la suite des modifications, atterrissements et assêchements, sera identifié au XVIIe siècle sous le nom "étang Capitoul" avec au sud l'"étang de la Gourgue".
    Stagna Contessa et Sesqueyra (Cescheyra), 1352
    Stanh Comtessa et Sesqueyra, 1396
    Estang Comtesse et Sesquière, 1639
    Capitoul, 1685
  • Au sud du domaine de Capitoul
  • étang de Narbonne comprenant les étangs de Conilhac, de Campignol, ...
    Stagnum vocatum de Conilhaco, 1324
    Stagnum vocatum Campinhol, 1396

A la lumière des plans du XVIIIe siècle

Ce n'est qu'à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, que l'on commence à avoir des plans détaillés du territoire avec ceux de Varlet Barthe (Campagne cité n°5 et n°7) puis plus tard avec ceux du cadastre Napoléonien. Sur les premiers datant de 1774-1784, on retrouve les lieux constitutifs du territoire tels que décrits dans les archives, bordant l'étang de Capitoul vestige des étangs Comtesse et Sesquière.


(1766) Carte de Saussine © VNF
(1766) Carte de Saussine © VNF

(1774-1784) La Leigne & le territoire de Capitoul; Plans Varlet Barthe Campagne Cité N°5 et N°7 © Archives de Narbonne ©JL Bonincontro
(1774-1784) La Leigne & le territoire de Capitoul; Plans Varlet Barthe Campagne Cité N°5 et N°7 © Archives de Narbonne ©JL Bonincontro

(1774-1784) Le territoire de Capitoul; Plan Varlet Barthe Campagne Cité N°5 © Archives de Narbonne ©JL Bonincontro
(1774-1784) Le territoire de Capitoul, Plan Varlet Barthe Campagne Cité N°5 © Archives de Narbonne ©JL Bonincontro

Glossaire

  • Le vocabulaire des terres au Moyen-Âge
  • Herm ou herme: Terre inculte ou aride
    De l’ancien français erm, du bas-latin herma terra; du latin erèmus, désert, du grec ἕρημος, désert.
  • Tènement: Terre tenue d'un seigneur moyennant le paiement d'une redevance.
    Du lat. médiév. tenementum
  • Alleu: Terre possédée en propriété complète, opposé aux fiefs ou aux censives impliquant une redevance seigneuriale. Il s'agit donc d'une terre ne dépendant d'aucune seigneurie foncière.
    Du francique alôd, latin allodium
  • Condamine: Propriété seigneuriale, elle désigne une terre mise en culture.
    du latin condominium
  • Fief: Terre concédée par un seigneur à un vassal en échange d'obligations de fidélité mutuelle, de protection de la part du seigneur, de services de la part du vassal.
  • Censive: Terre concédée moyennant un cens annuel payé au seigneur
  • Devèse, défens (ou défends): Pâturage réservé, terre interdite au pâturage du bétail d'autrui. Du latin defensum, de l'occitan devés ou devesa