Lacus Rubresus | le lac Rouge

A l'origine des étangs du Narbonnais

  • La représentation de l'évolution des étangs Narbonnais à l'Antiquité puis au Moyen-Âge est un exercice rendu compliqué par le peu de références précises, la difficulté de les traduire et de les dater avec certitude, de dissocier l'élan poétique de la réalité et d'identifier les sources utilisées. Néanmoins, à la lumière des dernières études, les orientations générales sont identifiables et peuvent conforter les hypothèses envisagées.

A l'origine était l'étang Narbonitis puis vint le Lacus Rubresus

Jusqu'au Ier siècle av. JC, il n'y avait qu'une seule lagune qui s'étendait le long des côtes Narbonnaises et bien au delà. Avienus, rapportant un périple des III-IIe siècles avant JC décrit un golfe qu'il nomme le golfe des Quatre-Îles. Strabon, citant Posidonios d'Apamée, décrivait ce lac (qui a été traduit plus communément par étang) qu'il appelait Narbonitis. A partir du début de notre ère, Pomponius Mela et Pline l'Ancien le surnomme lacus Rubresus, lacus Rubrensis, le lac Rouge dont l'accés s'effectue par un grau étroit. Cette évolution n'est pas anodine. Elle traduit la modification du paysage Narbonnais où en moins de 2 siècles, on passe d'une lagune ouverte à un système d'étangs marins presque fermés par un littoral en formation.

Pourquoi le lac Rouge?

  • Antiquité
  • λίμνη Ναρβωνίτις (Strabon, IV, I), Ie siècle av. JC
    Lacus Rubresus (Méla, II, 81), Ie ap. JC
    Lacus Rubrensis (Pline, III, 32), Ie ap. JC
    Le golfe des Quatre-Îles (Festus Avienus), IVe ap. JC

Deux hypothèses non exclusives ont été avancées pour tenter d'éclaicir l'origine de ce nom.

  • La première explique que l'ėtang devait sa couleur à la terra-rossa, limon de couleur brun-rouge dit d'inondation, que l'Aude apportait en cet endroit et que le Cers brassait.
  • La seconde fait référence au phénomène de malaïgue, se traduisant par l'apparition de zones d'eau rouge due à des bactéries consécutive à l'eutrophisation de l'étang favorisé par une profondeur faible, la salinité et l'augmentation de la température en été.

Lacus Rubresus dans les écrits anciens (Ve siècle av. JC. - Ve siècle ap. JC)

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Narbonne, le Lacus Rubresus, les auteurs anciens et leurs sources

Une description du paysage de la Narbonnaise

Avant notre ére
Strabon: Géographie, livre IV, chapitre I
(texte original)
"Située au-dessus des bouches de l'Atax et du lac Narbonitis, Narbonne est le plus grand emporium ou marché de ces contrées."
Ier siècle av. JC - Ier siècle ap. JC
Source: Posidonios d'Apamée (135 à 51 av. JC)
  • Dans cette description, Strabon précise que la rivière Aude a plusieurs débouchés et que la ville de Narbonne se situe en amont, donc sans contact avec la mer.
Après notre ére
Pline l'Ancien: Histoire Naturelle, livre III, chapitre V, de la province Narbonnaise
(texte original)
"...Ruscino, des Latins; le fleuve Atax (Aude), descendant des Pyrénées et traversant le lac Rubrensis; Narbo Martius, colonie de la dixième légion, éloignée de la mer de 12.000 pas;... "
Ier siècle ap. JC
Rufus Festus Avienus: Ora Maritima II
(texte original)
"Non loin de ce golfe qui creuse ainsi le rivage, s'en ouvre un autre, et quatre îles (une ancienne tradition n'en indique que trois) sortent du milieu de la mer. La nation des Élésyces occupait autrefois ces lieux, et la ville de Narbonne était la capitale considérable de ces peuples indomptés. Là le fleuve Attagus se rue vers la plaine salée. A côté se trouve le marais d'Hélicé."
IVer siècle ap. JC
Source utilisée par Avienus: document grec ancien (périple terrestre ou maritime daté potentiellement du III-IIe siècle av. JC)
Pomponius Mela. De situ orbis, livre II chapitre V: Gallia Narbonensis
(texte original) "L’Atax, qui descend des Pyrénées, est faible et guéable, tant qu’il ne roule que les eaux de sa source de sorte que, malgré la grandeur de son lit, il ne devient navigable qu’aux environs de Narbonne; mais lorsqu’en hiver il est gonflé par les pluies, il se grossit d’ordinaire à tel point, que son lit ne peut plus le contenir. Il se jette dans un lac appelé Rubresus, et qui, quoique très spacieux, ne communique à la mer que par un canal étroit.
Ier siècle ap. JC
  • Dans cette description du Ie siécle ap. JC, le cordon littoral est formé.
Stéphane de Byzance: Les Éthniques
(texte original)
"Narbôn, emporium et ville Celtique. Strabon, liv. IV (52). Marcien l'appelle Narbônèsie.- Le nom ethnique est Narbônite, comme Ascalônite. - Il y a aussi le lac Narbônitis, comme on dit Ascalônitis, et le fleuve Atax. Hécatée dit le peuple des Narbaioi."
V-VIe siècle ap. JC

  • Dans son dictionnaire des noms de villes, à propos de Narbonne: Transcription par Stéphane de Byzance d'un passage de la Géographie de Strabon, de l'abrégé de Marcien d'Héraclée (IVe siècle ap. JC) issu peut-être d'Artémidore (Ie siècle av. JC), et d'un fragment attribué à Hécatée de Milet et datant du Ve siècle av. JC, Livre 33 ‐ Second abrégé,
  • Repris dans l'encyclopédie Souda (Suidas) nu35 à la fin du Xe siècle
    λίμνη Ναρβωνῖτις → Est & Palus Narbonitis
    Suidae Lexicon, Græce & Latine
by Suidas (Lexicographer); John Adams Library (Boston Public Library) BRL; Portus, Aemilius, 1550-1614 or 15; Kuster, Ludolf, 1670-1716; Adams, John, 1735-1826, former owner © Archive.org
    (texte complet)
    Suidae Lexicon, Græce & Latine by Suidas (Lexicographer); John Adams Library (Boston Public Library) BRL; Portus, Aemilius, 1550-1614 or 15; Kuster, Ludolf, 1670-1716; Adams, John, 1735-1826, former owner © Archive.org
Ausone: Ordre des villes célèbres, XIII Narbo (388-390).
(texte original)
"... tout cela fut Narbo. Tu arboras la première, dans les Gaules, le nom romain, et les faisceaux d'un proconsul du Latium.
Qui rappellera tes ports, tes montagnes, tes lacs ?"
IVe siècle ap. JC
Dans cette description, plusieurs lacs sont indiqués à proximité de Narbonne.
Sidoine Apollinaire: Poésie, Carmen XXIII , vers 43, NARBO. AD CONSENTIUM V. C., CIVEM NARBONENSEM.
(texte original)
"Salut, ô Narbonne, à la douce température, toi dont l’aspect flatte agréablement la vue, cité recommandable par les campagnes qui t’environnent, par tes murailles, par tes citoyens, par ton enceinte, par tes édifices, par tes portes et tes portiques, par ton forum, ton amphithéâtre, tes temples, ton capitole, tes monnaies, tes thermes, tes arcs de triomphe, tes greniers publics, tes marchés, tes prairies, tes fontaines, tes îles, tes salines, tes étangs, ta rivière, ton commerce, ton pont, et enfin par la mer qui t’avoisine. "
Ve siècle ap. JC (< 469)
Dans cette description, sans les nommer, plusieurs étangs comportant des îles, sont présents autour de Narbonne qui n'est pas en contact avec la mer.

Les interprétations et les conséquences

① L'île del Lec (la Clape) était-elle complétement isolée du continent à l'époque romaine?

Que la Clape ait ėté une île à un moment donné ne fait aucun doute (au maximum de la mer holocène), qu'elle le soit encore à l'époque romaine a été un sujet de reflexion. Des études récentes s'appuyant sur des forages effectués tendent à démontrer que la scission entre les basses-plaines de l'Aude et les étangs de Capestang, Fleury et Vendres était déjà faite (par la terrasse de Coutelle), et qu'il n'y avait plus de communication continue entre ces deux systèmes. Par la suite, la lagune Narbonnaise rentre en récession et le colmatage devient alors définitif.

En 1221, le vicomte Aymeric considère dans une déclaration que l'île del Lec (la Clape) n'est plus isolée complètement et correspond à une ramification des Corbières séparée par un étang
"a loco vocato turris comitis Pétri usque ad locum seu stagnum quod dividit Corbariam".

Les conséquences de cette constation sont nombreuses:
  • La première conséquence est que le Lacus Rubresus décrit par Pline et Pomponius Mela s'applique donc uniquement à la partie Sud, soit l'actuel ėtang de Bages-Sigean.
  • La seconde conséquence concerne les communications maritime avec Narbonne qui n'ont pu se faire que par le Sud.

② L'identification des quatre îles, les Piplas

Le texte d'Avienus est celui dont l'interprétation est la plus compliquée.

Les hypothèses et les interprétations sont nombreuses. Selon le point de vue ou l'on se place, périple maritime ou terrestre, les identifications sont différentes.

  • Si le périple est maritime, la Clape, le double sommet de Gruissan, l'île de Saint-Martin et l'île de Sainte-Lucie peuvent représenter une possibilité.
  • Si le périple est terrestre, la Clape, l'île de Saint-Martin,l'île de l'Aute et l'île de Sainte-Lucie peuvent représenter une autre possibilité.

Les dernières analyses des textes se prononcent pour un périple terrestre qui semble plus à même de décrire le paysage rencontré.


③ L'identification du marais Hélicé, Heliceque Palus

Les deux élements fournis dans cette description sont la localisation et l'utilisation du mot palus

  • Sur l'utilisation du mot palus:
    Avienus utilise souvent dans un effet de style, des mots différents pour désigner le même élément. De façon plus générale, la description se rapporte donc à un étang.
  • Sur la localisation:
    Situé au dessus du fleuve Aude, entre Narbonne et Béziers, il fait référence au système d'ėtangs ce que nous connaissons actuellement sous le nom de Vendres/Capestang.
La conséquence:
  • La séparation des bassins Nord et Sud semble acquise à la date à laquelle ce périple est rapporté.

④ L'évolution des mots utilisés: λίμνη (grec), stagnum (latin) et autres

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Termes utilisés pour désigner les lagunes du Narbonnais
  • λίμνη lac, lagune, mer ou bras de mer, étang.
    sinus golfe
    lacus lac
    stagnum du grec ancien τέναγος tenagos, eau basse. étang
    palus marais, marécage

L'utilisation du mot sinus par Avienus et λίμνη par Stéphane de Byzance et repris plus tard dans l'encyclopédie Suda n'est pas représentatif de la situation à leur époque. Plus vraisemblablement, ce terme s'applique à un paysage des IIIe-Ier av. JC, époque à laquelle le golfe Narbonnais était encore largement ouvert.
Au début de notre ère, la dénomination évolue du lacus de Pline l'Ancien au stagnum de Sidoine Apolinaire traduisant la modification du paysage Narbonnais et sa fermeture par un littoral.

⑤ Atax, celui par qui le Lacus Rubresus n'est plus (mais pas seulement)

Bien avant notre ère, l'étang dit de Narbonne λίμνη Ναρβωνῖτις s'étendait de Vendres aux falaises de Leucate. Plusieurs facteurs ont contribués à la disparition de ce lac.
A l'origine, trois phénomènes conjoints ont conduit à cet ėtat:

  • les atterrissements fluviaux de l'Aude,
  • la variation du niveau la mer (Eustatisme).
  • et la formation du littoral.

  • Évolution du nom Aude
  • Ἄτακος, VIe av. JC (Hécatée de Milet)
    Νάρβωνος, le fleuve Narbôn, IIe av. JC (Polybe de Megalopolis, III, XXXVII)
    Ἄτακος, Ie av. JC (Strabon: Géographie, livre IV, chapitre I)
    Atax, Ie ap. JC (Pomponius Mela. De situ orbis, livre II chapitre V: Gallia Narbonensis)
    Attagus, IVe ap JC, (Rufus Festus Avienus: Ora Maritima II)
    Adice fluvio, 737 Chronique dit de Frédégaire
    Atax, 838 charte (Pépin Ier, roi d'AQUITAINE, pour l' Abbaye de LA GRASSE)
    Ataze, 914 diplome (Charles le Simple en faveur de l'église de S. Quentin de Narbonne.)
    Atacis, 1396 Archives communales de l'Aude série AA f°53
  • Les atterrissements de l'Aude

    Entre les atterrissements et les fluctuations du cours du fleuve Aude, c'est toute la zone du delta qui va se modifier favorisée par la baisse du niveau de la mer.

    Commencée dés les III-IIe siècles, c'est au cours de la période romaine, que se concrétise la scission en deux systèmes d'étangs du Lacus Rubresus. Au nord, on retrouve le système qui donnera les étangs de Capestang, Fleury, Coursan et Vendres. Au sud, on retrouve celui formé par les ėtangs de Gruissan et Bages-Sigean. Cette segmentation naturelle des systèmes d'étangs se poursuivra au Moyen-Àge. Elle continuera ensuite avec les campagnes d'atterrissements des étangs dont le but était l'augmentation des surfaces disponibles pour l'agriculture.

  • Les modifications du niveau de la mer
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  • L'apparition du littoral

    Utilisant les îles de la Clape, Sainte-Lucie et Saint-Martin comme point d'appui, la formation du littoral est assurée avant la fin du Ier de notre ère réduisant par la même l'apport en eau de mer et limitant les échanges (c'est la description du grau étroit de P. Mela "Lacus accipit eum, Rubresus nomine, spatiosus admodum, sed, qua mare admittit, tenuis aditu"). Elle s'explique par la convergence aux environs de Vieille-Nouvelle au sud de l'île de Saint-Martin, des dérives littorales (transport des sédiments le long du littoral) qui amènent une progradation du rivage.

Les cartes anciennes

Les Cartes Nautiques des XIVe et XVe siècles
Noms indiqués sur les Portulans

Collioure, Coluira, Caucoliberis, Copliura
Salses, Salsa, Salses
Leucate et étang de Leucate, Sagno Lucate, Leocata
Narbonne, Narbona, Nerbona, Narbo Martius.
Saint-Pierre, Samper, San Per, S. Per
Sérignan, Serigna, Serignam
Cap de Sète, C. de Secha, Setium Prom, Cap de Seta, Mon Ceta,
Maguelone, Magalona
[Atlas nautique de la mer Méditerranée et de la mer Noire] / Petrus Vesconte de Janua fecit istas tabulas anno dni MCCCXII © BNF
Atlas nautique de la mer Méditerranée et de la mer Noire, Petrus Vesconte de Janua fecit istas tabulas anno dni MCCCXII, 1313 © BNF
Narbonne et l'embouchure de l'Aude, Atlas Catalan Abraham Cresques 1375 © BNF
Narbonne et l'embouchure de l'Aude, Atlas Catalan Abraham Cresques 1375 © BNF

Nom primitif de l'étang
à l'origine de l'étang de Bages-Sigean
(XIe → XVIIe)

Stagnum de ipso rivo Atacis, 1048
Stagnum de Narbona quod dividit Corbariam, 1221
Ad Stagnum Majus, 1296
Stagnum de Narbona, 1352
Stagnum majus Narbonae, 1477
L'Estan Mage, 1639
Estang de Bages, 1662

Sur cette carte attribuée à Abraham Cresques, la ville de Narbonne est indiquée en amont d'un lac ou golfe dans lequel figurent des bancs de sables (les points rouges, règle sémiologique systématique jusqu'au XVIIe siècle). Les villes les plus importantes sont écrites en rouge. Cette représentation se retrouvera dans les cartes marines du XIVe et XVe siècles à l'identique.
La presqu'île de Leucate (Leocata) y est mentionnée ainsi que Saint-Pierre (Sanper → Cap Saint-Pierre).

Narbonne et l'embouchure de l'Aude, Benincasa, Grazioso 1467 © BNF
Atlas nautique de l'océan Atlantique Nord-Est, de la mer Méditerranée et de la mer Noire. Benincasa, Grazioso 1467 © BNF
Cette carte de 1467, établie par Grazioso Benincasa (né à Ancône entre 1400 et 1415 - mort après 1482, navigateur et cartographe italien) indique Narbonne et son grau sous la dénomination Nerbona, G de Nerbona. La croix noire à proximité du cap de Leucate indique des écueils.

les Cartes du XVIe siècle
Dans un portulan de la mer Méditerranée par l'amiral Pirî Reis, neveu de Kemal Reis, au XVIe, on retrouve les représentations de Narbonne et du fleuve Aude à l'arrière d'un vaste étang comme dans les cartes des siècles précédents. Narbonne y est identifié sous le nom arabe Nārbūnah. Une autre forme possible est Arbūnah. Les bancs de sable sont ici représentés par des points noirs.
Kitāb-i baḥriye: Carte de la côte de Narbonne (Arbūnah), Pirî Reis, 1554 © The Digital Walters
Kitāb-i baḥriye: Carte de la côte de Narbonne (Nārbūnah), Pirî Reis, 1554 © The Digital Walters
L'étang Salin - carte de l’île del Lec (1548). AM Narbonne DD non côté. ©Kojima Mina, 2012.
L'étang Salin - carte de l’île del Lec (1548). AM Narbonne DD non côté. © Kojima Mina, 2012
Sur cette carte figurée du XVIe siècle, l'étang Salin est représenté bordant la Clape de Moujan à Vinassan avec les voies et chemins de communication. Elle constitue la seule carte aussi détaillée disponible de cette période.

L'étang Salin
(IXe → XVIIe)

stagno juxta Narbonam, 844
Estang Salin, 1369
Estang Salin, 1548
Estang Salin (dict de Vinassan), 1606, 1631, 1633 et 1645
Marais de la Clape, 1680

les Cartes du XVIIe siècle
Carte du Bas Languedoc 1626 par J. de Beins (1577-1651). Géographe du Roy © BNF
Carte du Bas Languedoc 1626 par J. de Beins (1577-1651). Géographe du Roy © BNF
Sur cette carte du bas Languedoc au XVIIe siècle (1626), l'étang Salin y est représenté séparé des étangs du sud qui évolueront vers l'étang de Capitoul. Dans l'étang de Vendres, les trois bouches de l'Aude sont visibles et il est encore relié à l'étang de Capestang.
L'étang de Bages-Sigean est maintenant séparé de celui dit de Gruissan par le canal de la Robine qui a été prolongé jusqu'à l'île de Sainte-Lucie.

les étangs Comtesse et Sesquière
(XIIIe → XVIIe)

qui à la suite des modifications, atterrissements et assêchements, sera identifié au XVIIe siècle sous le nom étang Capitoul avec au sud l'étang de la Gourgue.
Stagna Contessa et Sesqueyra (Cescheyra), 1352
Stanh Comtessa et Sesqueyra, 1396
Estang Comtesse et Sesquière, 1639
Capitoul, 1685

les Cartes du XVIIIe siècle
Carte du diocèse de Narbonne, Buache © BNF
Carte du diocèse de Narbonne / levée par la Société royale des Sciences de Montpellier, par l'ordre des Etats généraux de Languedoc, par les Soins de Philippe Buache, cartographe, 1760 © BNF
Sur cette carte du XVIIIe siècle, les restes de l'étang de Saint-Laurent (marais du Cercle) et du Capitoul y sont indiqués. Les étangs Pudre et Deumes sont encore représentés.

L'étang du Cercle
(XVIIIe)

Étang de Saint-Laurent, 1324
Le Cercle, marais, 1763
Marais du Sauclé, 1771


Etang Deume
(IXe →XVIIIe)

Nom venant de la proximité de la dixième borne milliaire de la voie romaine (Ad decimum lapidem)
Stagnum quod dicitur Decimus, 844
Ad stagnum Decimum, 1235
Étang d'Eume, 1763
Étang de Deume, 1781

Etang Pudre
(XIVe → XVIIIe)

Stagnum vocatum Pude, 1360
Étang Pudre ou de la Vendarèle, 1763

Sur cette carte du XVIIIe siècle, les trois graus de Vendres sont encore visibles. Dans les basses plaines de l'Aude ne reste que l'étang de Capestang avec la zone marécageuse au sud (ancien étang de Peyriès) et séparé de l'étang de Vendres et de la mer. L'étang de Vendres s'est nettement rėtréci laissant place à une zone marécageuse en amont.

Étang de Peyriès
(XIIIe → XIVe)

Stagnum de Petrociis, 1221 et 1377


Étang de Capestang
Caput Stanium, 862
Statianum, 933
De capite Stagno, 1119
Campum Stagnum, 1229
Caput Stagnum, 1232

Carte du diocèse de Narbonne, Buache © BNF
Carte du diocèse de Narbonne / levée par la Société royale des Sciences de Montpellier; par l'ordre des Etats généraux de Languedoc; par les Soins de Philippe Buache, cartographe, 1760 © BNF

Les métamorphoses des étangs du Narbonnais

Essai de représentation des étangs au cours des siècles depuis le "λίμνη Ναρβωνίτις"

Dans l'évolution du système d'étangs du Narbonnais, la recherche dans les textes anciens est l'une des sources possibles avec celle des cartes. Il est cependant nécessaire d'avoir à l'esprit les différente possibilités qui peuvent conduire à des interprétations différentes.

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  • Un étang peut au cours des siècles se diviser en plusieurs étangs dont l'un va garder le nom initial.
    ex. étang de Gruissan: le système d'étangs entourant le village de Gruissan et l'île de Saint-Martin a été communément regroupé sous l'appelation "étang de Gruissan"
  • Un étang peut regrouper plusieurs étangs.
    ex. étang de Bages-Sigean
  • Un nom d'étang peut faire référence à une partie d'un ėtang plus grand ou à un lieu-dit.

Le graphe relationnel suivant propose une représentation de l'évolution des étangs du Narbonnais au cours des siècles depuis le "λίμνη Ναρβωνίτις".

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→ En complément, les graus existants ou disparus de la Narbonnaise, de l'étang de Vendres à l'étang de Lapalme

Les étangs comme confronts

Au même titre que d'autres élements du paysage (pech, chemin, ..) et malgré leur caractère variant, les étangs ont été utilisé pour marquer les limites des territoires.

Les étangs et le fief de la Leigne (fin XIVe)

Par dela les étangs s'étendait le territoire connu, au Moyen Âge, sous le nom de l'île de la Leigne (pour rappeler son passé insulaire), fief de l'Archevêque de Narbonne.


Le système d'étangs dans les Basses-Plaines de Narbonne au Bas Moyen Âge: hypothèse de positionnement sur fond de carte actuelle
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"In primis fuit per dictas partes concorda tum quod dictum terminale de la Luenha, de quo superius facta est mencio, quoad usum animalia depascendi et ea inmittendi aquam appellandi, ligna sindendi et alias explectandi prout confrontatur, videlicet a bastida Pétri de Lacu condam seu heredum ejus, vocata de Navauta, inclusive usque ad Gulam Atacis et usque ad Stagnuni Majus et
cum terminali domini vicecomitis, vocato Crebaolas, ex parte aquilonis et
de altano cum stagnis ipsius domini vicecomitis vocatis stanh Comtessa et Sesqueyra, et
de meridie cum stagno de Narbona, et de circio cum flumine Atacis ...
Archives communales de l'Aude série AA f°53, 1396

Paysages d'étangs d'aujourd'hui

Etang de l'Ayrolle
Depuis les Goules
Etang de l'Ayrolle Au dessus de la Plaine
Etang de l'Ayrolle Depuis le grau de Vieille-Nouvelle
Etang de l'Ayrolle
Etang de Campignol
Depuis le roc de Conilhac
Etang de Campignol depuis le roc de Conilhac
Etang de Gruissan
Depuis Fontcaude
Etang de Gruissan, depuis Fontcaude
Etang de Bages-Sigean | Île de Sainte-Lucie
Depuis le pic des Pierres Blanches dans l'île de l'Aute
Etang de Bages-Sigean | Île de Sainte-Lucie, Depuis le pic des Pierres Blanches dans l'île de l'Aute
Etang de Bages-Sigean
Port Mahon | Depuis le Mour
Etang de Bages-Sigean, Port Mahon | Depuis le Mour Vue Est, Depuis le pic des Pierres Blanches dans l'île de l'Aute
Etang de Bages-Sigean vue Est, Depuis le pic des Pierres Blanches dans l'île de l'Aute Vue Sud, Depuis le Mour
Etang de Bages-Sigean vue Sud, Depuis le Mour
Le Doul
Depuis la plage
Le Doul, depuis la plage
Depuis le Mour
Le Doul, depuis le Mour
Etang de Peyriac
Depuis le Mour
Etang de Peyriac
Etang de Saint-Paul
Route de Peyriac de Mer à Bages
Etang de Saint-Paul Depuis le plateau de Figuières
Etang de Saint-Paul, depuis le plateau de Figuières
Oeil de Ça
Réserve Africaine de Sigean
L'Oeil de Ça