Paysages de l'étang de Bages-Sigean

Impressions

L'étang de Bages Sigean, L'étang de Bages Sigean, Bages dans les années 1960. Bassin n°4
L'étang de Bages Sigean, Bages dans les années 1960. Bassin n°4
L'étang de Bages Sigean, l'île de l'Aute et son tombolo en 1960 Séparation des bassins n°2 et 3
L'étang de Bages Sigean, l'île de l'Aute et son tombolo en 1960. Séparation des bassins n°2 et 3

Étang de Bages et de Sigean

A l'origine était le Lacus Rubresus

λίμνη Ναρβωνίτις (Étienne de Byzance, s. v. Ναρβών, peut-être d’après Hécatée),
l’étang des Quatre-Îles (Avienus, 583 et suiv.),
lacus Rubrasus (Méla, II, 81), Ie
lacus Rubrensis (Pline, III, 32), Ie
Helice Palus (Festus Avienus), Ve
Stagnum de ipso rivo Atacis, 1048
Stagnum quod dividit Corbariam, 1221

Nom primitif de l'étang
à l'origine de l'étang de Bages-Sigean


Ad Stagnum Majus, 1296
Stagnum de Narbona, 1352
Stagnum majus Narbonae, 1477
L'Estan Mage, 1639
Estang de Bages, 1662

Au début de notre ère, alors que la Clape était encore une ile, l'étendue marine qui l'encerclait du nord au sud avait pour nom Lacus Rubrensis ou Rubrasus qui signifie lac Rouge. Il devait sa couleur à la terra-rossa que l'Aude et les pluies torrentielles concentraient en cet endroit.

Suite aux atterrissements de l'Aude, il s'est scindé en un ensemble d'étangs dont le plus important est celui de Bages-Sigean.
Le plus grand étang de la Narbonnaise présente une diversité et une richesse de paysages et de lieux:

  • Les zones humides essentielles: Delta de la Berre, L'oeil de Ca, l'étang et marais du Charlot
  • Les îles calcaires sauvages: Sainte-Lucie, l'Aute et la Planasse.
  • Les anciens Salins d'Estarac, de Peyriac de Mer et de Sigean
  • Le canal de la Robine
  • Le Doul, lac hypersalin de Peyriac de Mer
  • Les sites antiques: Pech Maho, Peyriac de Mer ...

Carte de l'étang de Bages Sigean et de ses bassins
Carte de l'étang de Bages Sigean et de ses bassins

L'étang de Bages-Sigean est découpé en plusieurs étangs communiquant entre eux et constituant des bassins bien délimités par les caps et les îles. Les échanges avec la mer se font uniquement par le grau de Port la Nouvelle situé au sud.

La profondeur

D'une profondeur moyenne de 1,5m, les bassins se présentent sous la forme de grandes cuvettes caractérisées par des pentes douces à l’Ouest et des pentes abruptes à l’Est. La profondeur peut alors atteindre 3-4m.

la salinité

La salinité de l'étang décroit au fur et à mesure que l'on remonte vers le nord. L'île de l'Aute et son tombolo constituent ainsi une frontière naturelle entre les bassins sud et nord de l’étang qui limite l’influence des eaux marines dans les zones les plus éloignées de la mer. De par cette configuration, les eaux douces ont tendance à s'accumuler dans la partie nord (apport principalement du Canelou et de la Berre dans la partie centrale de l'étang). L'étang est aussi caractérisé par des variations saisonnières importantes de salinité, pouvant passer de 10 g/l de sel l’hiver, après les fortes précipitations, à plus de 40 g/l en été, en raison du phénomène d’évaporation.

Le grau de la Nouvelle

Grau de la Nouvelle, 1662
Grau de la Nouvelle, 1723
Chenal de la Nouvelle, 1809

L'entrée dans l'étang de Bages-Sigean pour rejoindre Narbonne via le canal de la Robine puis le canal du midi (à partir de 1787), était difficile et dangereuse dès que le vent se levait. Pour assurer la sécurité et lutter contre l'ensablement, le Grau de la Nouvelle fut encaissé en 1704 entre deux jetées parallèles pour former un embryon de port (Le port Saint-Charles).

C 12344-2 grau de La Nouvelle. (1662 env. Isaac Petit, ingénieur du roi) © Archives Départementales de l'Hérault ➡︎ Les graus de la Narbonnaise

Une histoire de sel

Les salins

Les salins de la Narbonnaise
Les salins de la Narbonnaise

Situé principalement sur la rive occidentale de l'étang, les plus anciens identifiés se situent la rive ouest de l'étang de Bages-Sigean: salines de l'étang de Saint-Paul, Cagacanes (VIIIe), de Peyriac de Mer (IXe), Estarac (XIe), et du grand Salin de Sigean (IXe). Les plus récents, Tallavignes, Grimaud et du Lac (Oeil de Ca), datent de fin XVIIIe - début XIXe.

Sur le rive orientale, les salins de Mandirac, Tournebelle (Les Leignes) et Conilhac datent du XIII - XVIe siècle.

Tous les salins autour de l'étang de Bages-Sigean ont été abandonnés progressivement au cours du XXe siècle.

➡︎ Chronologie des salins de la Narbonnaise

Localisation des sites

L'étang de Bages-Sigean  © IGN
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    L'île de l'Aute, île sainte

    Bloc rocheux calcaire au milieu du système lagunaire de Bages-Sigean, la plus haute île de l'étang est une destination surprenante et unique à plus d'un titre: les hautes falaises du pic des Pierres Blanches qui dominent les étangs de la Narbonnaise, les anciens canaux et les vestiges d'une occupation passée.

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Pour en savoir plus

1. INPN: ZNIEFF étang de Bages-Sigean (pdf)
2. Julien Caverro: Paléogéographie des étangs narbonnais d’après les sources cartographiques anciennes (pdf)
3. Gilbert Larguier: Le drap et le grain en Languedoc Narbonne et le Narbonnais (1300-1789) Presses Universitaires de Perpignan (2000) (livre)